Casque F1

S’il est un attribut de la tenue du SP qui tend à faire rêver, c’est bien le casque F1. Issu d’une longue réflexion, cet EPI* a quasiment fait l’unanimité depuis sa mise sur le marché il y a vingt ans. A l’instar des produits de luxe, le casque F1 s’est offert un « relookage ». Présentation de la nouvelle génération de F1, forte de huit teintes, et réponses à certaines interrogations.

Le casque F1 est l’un des fleurons de la production nationale sur le marché mondial. C’est du côté de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) qu’est né, en 1982, son prototype. En 1985, la BSPP est la première à se doter du nouveau casque, rapidement adopté par l’ensemble des services départementaux d’incendie et de secours. Depuis, l’eau a coulé des lances et, les progrès de la technologie aidant, les sapeurs-pompiers ont vu se moderniser leur équipement, sans pour autant noter beaucoup de changement dans la conception de leur casque protecteur.

Cependant la nouvelle touche colorée apportée récemment aux casques de sapeurs-pompiers alimente nombre de conversations dans les casernes. Beaucoup trouvent les casques de couleur moins beaux que le certes rutilant et scintillant F1 « nickel », qui se veut l’un des paramètres phares de toute cérémonie ou défilé à caractère officiel. Pourtant, aujourd’hui, nombre de brigades internationales se dotent de F1 « peints » aux couleurs bleu, blanc, rouge, noir ou Photolum, sans pour autant voir baisser leur côte de popularité auprès du public.

Au-delà du débat sur l’esthétique des casques couleur, les sapeurs-pompiers s’interrogent surtout, et à juste titre, sur leur degré de protection, notamment thermique : Est-on mieux protégé de la chaleur qu’avec un « nickel » ? Les tests d’exposition à la chaleur effectués en 2005 chez MSA-Gallet sur les trois versions du F1 (nickel, couleur et Photolum) apportent des éléments de réponse.

 

Réaction à la chaleur

 


Après huit minutes d’exposition sous une source de 450 °C, le casque nickel présente une température de l’ordre de 70 °C, alors que le casque peint affiche 120 °C et la version Photolum 140 °C (1). Au regard de ces chiffres, on serait tenté de mettre au placard les casques de couleur, mais il convient de prendre en compte la réalité opérationnelle : la rétroréflexion thermique de la version nickel est vite estompée face à la suie, aux fumées et autres condensations rencontrées sur les lieux d’interventions.

Par ailleurs, la protection électrique offerte par le casque F1 nickel est controversée.

La protection se situe au niveau 2 de la norme EN 443 qui en comporte trois, ce qui rend le casque conforme à la norme. Il est néanmoins moins performant qu’un casque peint, et en cela potentiellement dangereux lors d’interventions en présence de conducteurs électriques alimentés (feux d’appartements, de caves…). « Mais sur ce type d’interventions, indique le fabricant, tous les casques ne sont-ils pas inévitablement mouillés et donc potentiellement conducteurs ? »

Enfin, le critère de l’entretien entre également en ligne de compte dans le duel casque peint / casque nickel. Un coup d’éponge permet de nettoyer l’un comme l’autre, mais un dommage sur la métallisation de la version nickel induit des coûts de maintenance importants. Et si l’entretien n’est pas effectué rapidement sur un casque peint, les conséquences peuvent être plus néfastes que pour un casque nickel.